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Votre vie au coeur de la ville : deuxième épisode

Publié le 01/05/2011

Trilogie de la famille Marelles : deuxième épisode

3 jours sans Docteur Os !

Nous sommes mardi soir et Docteur Os n’est toujours pas rentré à la maison.
Sylvie a déjà répondu mille fois aux mille questions posées par Clémence. En vrac : comment peut-il se nourrir sans sa gamelle ?
Est-ce qu’il a froid ? Est-ce qu’il a peur ? Est-ce qu’il s’est fait des amis ? Et ce, dès son retour du travail et jusqu’à ce que Clémence s’endorme. Le cas Docteur Os a même remplacé les jolis contes de l’heure du coucher.
Mais toutes ces questions ne dérangent pas Sylvie à vrai dire, il n’y en n’a qu’une seule qu’elle redoute : est-il toujours en vie ?
Alain et Cholo ont arrêté de répondre aux interrogations de la petite. On les surprend même à soupirer quand le nom du chien est prononcé. Sylvie sait très bien qu’ils ne sont pourtant pas les derniers à vouloir le retrouver. Mais quand il est question de Doc pendant les repas de famille, la maman les éloigne soigneusement de son champ de vision…
Car ce qu’elle lit dans les yeux d’Alain et Cholo ne lui plait guère. Ces regards entre les hommes de la famille, elle ne connait que trop leur signification : « Il faudra dire un jour à Clémence que Docteur Os peut ne JAMAIS revenir ».

 

Mercredi 14h : les recherches continuent

Malgré l’inquiétude, une certaine lassitude et un emploi du temps assez chargé, la famille Marelles a jusqu’à présent fait preuve d’une grande solidarité.
Le mercredi après-midi permettra aux enfants de respirer un peu et bien sûr, de poursuivre les recherches. Pour ce faire, ils seront aidés par leurs camarades et les grands-parents.
Le mouvement d’entraide se propage aussi à l’école : les camarades de classe de Clémence ont proposé de dessiner Docteur Os pour les affiches de recherche.
Les chefs-d’œuvre ne vont pas tarder à être terminés. Pendant que les dons artistiques des élèves de l’école des Deux Ruisseaux (et les autres !) se développent,
Clémence pourra tranquillement se rendre à son cours de musique.
Comme le dit Alain, il faut aussi continuer de vivre normalement.

Cholo passe à l’action : L’aîné de la famille Marelles participe toujours activement à la recherche du Docteur Os. Pour ne pas trop faire gamin auprès de ses camarades du collège du Landry, il précise bien que s’il s’active autant, c’est pour arrêter d’entendre sa sœur chouiner dès qu’il rentre à la maison. Après tout, il est maintenant en 5ème, ce n’est plus un enfant.
Cholo a effectué un mandat au Conseil municipal des Jeunes. Pendant deux années, il s’y est non seulement fait des amis, mais il a appris beaucoup : qu’on pouvait s’engager dans sa ville, apprendre à mener des projets, devenir autonome. Depuis, il nourrit le secret espoir de faire un jour partie du Conseil municipal de Chantepie. Il souhaite aussi créer à Chantepie une junior association d’entraide aux Philippines, son pays d’origine - Alain et Sylvie ont adopté Cholo en 2003.
Ses nouvelles ambitions donnent de l’assurance au jeune adolescent. Cela fait deux jours qu’il prépare son plan de communication, motive ses amis et interroge les voisins.
Ça lui permet aussi de parler aux adultes, de trainer un peu plus tard avec ses copains de classe de Chantepie. Il profite de sa partie de foot du mercredi pour faire le tour des vestiaires du complexe sportif. Rien à signaler près du stade car des lecteurs de badges ont été installés aux entrées. Le Doc n’aurait donc pas pu s’y faufiler.

Clémence est bien courageuse : Pour Clémence, les vacances arrivent étrangement toujours trop vite. Les mois d’été sans cours de musique sont tellement ennuyeux pour elle !
La petite redoute d’autant plus les vacances que dès septembre, elle pourra se rendre dans un manoir ! Les cours de musique de l’école de Musique et de Danse du Suet auront désormais lieu au manoir des Petites Vendanges, réhabilité pour la rentrée 2011.
Elle en rêve depuis qu’on lui a annoncé la nouvelle. Ce sera également un bâtiment BBC, ce que Clémence a traduit par « Bâtiment Bien Construit ». En l’occurrence, c’est un peu ça, lui avait dit Sylvie en rigolant.
Voilà pourquoi elle tient malgré tout à se rendre à son cours de solfège, malgré la disparition de son animal de compagnie. Pour rien au monde elle ne souhaiterait manquer le cours hebdomadaire avec le petit Thomas, dont elle est secrètement amoureuse depuis le CP (8 mois, une éternité pour Clémence), ni les rêves de manoir, ni les cours de flûte traversière. La vie doit suivre son cours.
Les aînés viennent en aide : Marie-Rose, l’arrière grand-mère qui habite un studio à la résidence La Rotonde, tient une permanence téléphonique et récolte les indices.
Elle se sent presque retrouver ses 20 ans, avec toute cette excitation ambiante ! Elle a aiguillé Bernard et Marité vers la nouvelle aire de jeux qui se trouve rue de Bourgogne.
Un « indic » - Bernard, son voisin - croit y avoir vu le chien dans la soirée de mardi. L’animal, apeuré, se serait rapidement enfui. Impossible de savoir si c’était bien Docteur Os (la vue de Bernard laisse à désirer depuis quelque temps), mais ce premier témoignage permet de confirmer la présence du Doc dans Chantepie il y a quelques heures. L’espoir demeure.
Bernard et Marité, respectivement gendre et fille de Marie-Rose et père et mère d’Alain, viennent à la rescousse. Leur mission : tenir compagnie à Clémence et profiter de leur temps libre pour aider à la recherche de Docteur Os.
Cela permet également à Sylvie de profiter de son mercredi pour s’occuper de bébé Maël, de faire les courses, le ménage et tenter de se reposer. En l’attente de l’implantation du Pôle Petite Enfance prochainement dans la ville, les mercredis de Sylvie sont encore majoritairement dédiés au petit Maël.

Bernard et Marité passent chercher Clémence à la sortie de son cours de musique et l’emmènent faire un tour à l’aire de jeux. Ils omettent toutefois de lui dire qu’ils espèrent y retrouver la trace du Doc.
Clémence est heureuse de raconter qu’elle maîtrise désormais parfaitement « L’eau vive » à la flûte traversière et encore plus heureuse de jouer à la tyrolienne et de grimper dans l’araignée rue de Bourgogne. C’est d’ailleurs bien la seule espèce d’araignée dont elle n’ait pas horreur.
Chemin faisant, par habitude, elle prend deux sacs à déjections canines dans les distributeurs prévus à cet effet et installés dans le cadre de la politique de propreté menée par la commune. C’est ce qu’elle fait quand elle va promener le Doc avec Papa ou Maman.
En mettant les petits sacs dans la poche de son manteau, elle se rend soudain compte à quel point son ami Doc lui manque.
Oubliés, la flûte traversière, Thomas et l’aire de jeu. Petite crise de larmes (la 16ème depuis dimanche).
Bernard prend la gamine dans ses bras, Marité lui sèche ses larmes avec son mouchoir en tissu qui sent bon l’eau de Cologne.
Il est temps de retrouver Sylvie et Maël pour le goûter.

 

Vendredi, 6h37 du matin : Tonton Jacques et la rencontre furtive

Jacques est un ami de la famille Marelles depuis près de 20 ans. C’est le tonton de cœur de Clémence, Cholo et Maël. En 2005, un grave accident de voiture l’a contraint à se déplacer en fauteuil roulant.
Lors d’une visite avec la récente Commission extramunicipale du handicap, Jacques a eu l’occasion d’arpenter les rues de Chantepie avec les élus, afin de faire un point sur l’accessibilité de la ville aux personnes à mobilité réduite. Engagé dans des associations, il a su surmonter son handicap et mettre son expérience à profit du plus grand nombre.
Il est aussi et surtout Cantepien depuis sa naissance : c’est dire s’il connaît bien la ville !
Depuis dimanche, il pense à regarder dans des endroits incongrus, au cas où Docteur Os se serait caché quelque part. Il en rigole lui-même auprès d’Alain, son ami : maintenant qu’il est plus près du sol, il voit les choses différemment.
Jacques avait bien entendu un bruit avant-hier quand il est allé fermer la cabane du jardin.
Elle était restée entrouverte toute la journée. Des rats, peut-être.
Quand il invite les Marelles à un barbecue, leur chien s’y réfugie toujours : il y traque des araignées, passe entre la tondeuse à gazon et les caisses de bricolage. Comme il a remarqué que Docteur Os s’y plaisait, il a installé une couverture sous des étagères : un palais pour le jeune chiot.
Tôt ce vendredi matin, il doit aller chercher sa visseuse dans la cabane. Il a promis de l’emmener à un collègue. C’est bête à dire, mais jusqu’à ce que Jacques ouvre la porte, il n’aurait jamais pensé y trouver Docteur Os. Partout, sauf ici. À peine la porte entrouverte, il a vu le chiot fondre dans le jardin, épuisé, déboussolé. Jacques n’a pas eu le temps de manœuvrer son fauteuil pour poursuivre Doc. Il n’a pu que le regarder filer par l’allée du garage, puis il est allé appeler Alain pour l’informer, avec grand regret, que Docteur Os avait filé entre ses doigts.

 

Vendredi, 6h43 du matin : la voiture

Route de Chateaugiron. Il fait beau en cette matinée de vendredi. Beau, mais frais : la brume tapisse encore les champs autour de la route.
Le conducteur doit être en retard : il roule vite. Il y a peu de gens à cette heure sur la route.
Par la vitre ouverte, on entend de la musique. Route de campagne, un rayon de soleil, un peu de musique, on se sent seul : avant d’aller au travail, c’est sûrement l’occasion de profiter de la verdure avant d’arriver dans la ville.
On regarde sans doute les maisons et le ciel bleu. Pas forcément ce qu’il y a dans le fossé ou sur le bas côté.
Il y a pourtant des panneaux triangulaires qui indiquent le passage d’animaux, ceux avec le cerf en noir sur fond blanc.
Soudain, le conducteur voit une ombre noire surgir sur la route. Ce n’est pas un cerf.
C’est le Docteur Os !

FIN DU DEUXIEME EPISODE

 

Le mois prochain : suite et fin des aventures Cantepiennes de Docteur Os.