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Chantepie et son bassin d'emploi

Publié le 01/11/2013

Le Pôle Accueil Emploi Sud-Est

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Dans ces périodes difficiles pour les personnes en recherche d’emploi, il est important que les communes mettent à leur disposition des structures et des moyens leur permettant de se renseigner, au plus près de chez eux sur les offres susceptibles de correspondre à leurs qualifications. Appartenant à l’association intercommunale P.A.E. Sud-est, créée en 1997 et regroupant 5 communes, Chantepie accueille tous les jours de nouveaux demandeurs d’emploi.
Pour faire face à cette demande croissante et aux moyens financiers qu’elle engendre, la ville de Chantepie a mis en œuvre plusieurs actions.
Depuis 2008, la subvention communale est passée de 30 917 € à 40 864 € (+ 32%).
En 2010, le P.A.E. Sud-est et le Pôle Emploi ont signé une convention avec des engagements de coopération entre les deux structures, ayant pour objectifs communs d’informer, d’afficher, et mettre à disposition des offres d’emploi, d’informer, de rechercher des candidats et les mettre en relation avec les entreprises, d’accueillir et informer les entreprises et les aider dans leur recrutement.
Par ce partenariat, une information complète est localement à disposition de chaque Cantepien.
Afin d’optimiser la qualité de réception des demandeurs d’emploi et de faciliter le travail du personnel d’accueil, et après consultation et avis favorable de ces derniers, la ville a décidé récemment de doter le Point Accueil Emploi de nouveaux locaux à l’espace St Melaine, dans lesquels seront également hébergés le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), permettant à terme de réunir sur un même site l’emploi, l’action sociale et les personnes âgées. Rapprocher les structures ne peut que favoriser le lien social.
Les projets économiques de Chantepie sont aussi créateurs d’emplois. L’ouverture prochaine de nouveaux commerces, de nouveaux locaux à usage de bureaux sont des atouts pour enrichir l’offre d’emploi proposée par le Point Accueil Emploi.


Données économiques : Emploi/Population active

  • Taux de féminisation des emplois : pour une classe d'emplois, c’est la part des emplois de cette classe qui sont occupés par des femmes. Ce taux est de 72 % dans l’administration publique, l’enseignement, la santé, l’action sociale. Il est de 42 % dans le commerce, les transports, les services et de 41 % dans l’industrie.
  • Emplois par catégorie socioprofessionnelle : les ouvriers (25,5 %), les employés (28, 5%), les professions intermédiaires (28,7 %), les cadres et professions intellectuelles supérieures (13,7 %), les artisans, commerçants, chefs d’entreprises (3,2 %) et agriculteurs (0,2 %).
  • Déplacements : 78 % des Cantepiens en activité travaillent dans une commune autre que Chantepie. C’est pour limiter les déplacements que la municipalité s’est fixé comme objectif « 1 habitant = 1 emploi », volonté qui est inscrite dans le cadre du nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU). La perspective d’arrivée de bureaux dans les Loges/Logettes permettra concrètement de rapprocher les Cantepiens de leur emploi.

Source 2009 : Institut National des Statistiques et Études Économiques (Insee).

 

Interview de Marie-Annick Sourdaine, Responsable du Point Accueil Emploi (PAE) de Chantepie

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Josy Lavillonnière : Quelle est la situation de l’emploi à Chantepie ?
Marie-Annick Sourdaine : L’emploi ne se porte pas très bien sur le bassin rennais et Chantepie est touchée. On a un chômage qui augmente au rythme d’une population croissante.
La population active de Chantepie a augmenté de 46 % par rapport à 1997. Par rapport à la population active, on avoisine le taux de chômage du bassin de l’emploi Rennais.
Il y a une augmentation de 10 % des demandeurs d’emplois par rapport à l’année précédente. Sur un an, au niveau de la commune, il y a une augmentation de 14 % des personnes répertoriées au PAE et qui s’y déplacent de manière régulière.
Ces demandeurs d’emploi fréquentent la Mission locale et le P.A.E. de Chantepie. La recherche d’emploi sur le site Internet de Pôle Emploi n’est pas satisfaisant pour les gens qui ne sont pas autonomes et ne disposant pas d’équipement informatique.

Quel est le profil des demandeurs d’emploi ?
Ce sont essentiellement des personnes qui recherchent des emplois dans la vente, l’hôtellerie, la restauration, les services à la personne et le paramédical, en grand nombre et sans qualification.
Qu’en est-il de leur niveau d’études ?
Le niveau d’études, par rapport à quelques années, se maintient : 56 % des demandeurs d’emploi (soit la moitié) ont un niveau supérieur au Baccalauréat (tout BAC confondus) et 34 % sont du niveau du BEPC. Les publics qui ont un diplôme adapté au marché de l’emploi ne restent pas longtemps sans emploi.
Quelle est l’offre d’emplois dans le bassin Rennais et à Chantepie ?
Avec la crise économique,tous les secteurs sont touchés ainsi que l’emploi à domicile. Les familles ont moins recours aux aides ménagères, gardes-malades, soutien scolaire... Les nouvelles règles pour l’emploi d’un salarié à domicile à un impact sur ce type d’emplois. L’offre d’emploi est en diminution. Toutefois, de très nombreux contrats d’avenir ont été signés sur le bassin rennais et d’autres sont en cours de signature. Ces contrats concernent les jeunes avec un niveau inférieur au BAC et ayant moins de 25 ans. Cela leur permet d’avoir un contrat à durée déterminée ou indéterminée à temps plein, allant de 1 an à 3 an. Ces emplois peuvent être dans le secteur non marchand (associations, service public) comme dans le secteur marchand (restauration par exemple). La prise en charge est de 75 % par l’État. Le plus de ce dispositif c’est l’obligation de former le jeune en parallèle.
Il y a aussi des contrats de génération où le principe c’est l’accompagnement d’un jeune de moins de 26 ans par le sénior qui doit partir en retraite, pour maintenir cet emploi. L’entreprise va recevoir 12 000 € sur 3 ans (soit 1 000 € par an) par l’État. Mais ces contrats ont donc du mal à décoller car la prise en charge étant moindre, les employeurs sont moins favorables à recruter.
Les projets tels que la Ligne à Grande Vitesse (LGV) et la réalisation du métro seront certainement pourvoyeurs de travail, ce qui va aider à redynamiser l’emploi.
Le redéploiement d’entreprises sur le site de PSA va certainement être aussi une opportunité d’emplois.

À Chantepie, les entreprises qui recrutent sont dans le secteur du bricolage, du paramédical, de la vente. Elles proposent aussi bien des contrats à durée indéterminée que des contrats de remplacements. Ces entreprises font appel au PA.E. de Chantepie ; les offres d’emploi locales (qui concernent donc Chantepie) sont à l’affichage au P.A.E. et n’apparaissent pas au Pôle Emploi.

 

L'implantation des nouvelles entreprises

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La Touche Aury

En partenariat avec la Communauté d’agglomération Rennes métropole, la commune participe aux travaux d’études du projet de la zone d’activités communautaire de la Petite Touche Aury et du Chêne Morand.
Il s’agit d’une zone d’activités communautaire située au nord de la commune à proximité de la rocade. La nature des activités qui s’y implanteront n’est pas arrêtée à ce jour.
Le calendrier de réalisation est assez lointain pour Chantepie (moyen ou long terme) car la zone d’activités sera d’abord réalisée sur le site du Chêne Morand, à Cesson-Sévigné.
Concernant notre secteur, la municipalité est attachée à ce que cette zone permette d’accueillir des emplois tout en préservant la qualité de vie des Cantepiens. C’est pour cette raison qu’elle a demandé à ce que la nature soit préservée entre cette opération et les habitations Cantepiennes située à proximité du projet. Une frange verte séparera les quartiers nord de Chantepie des entreprises.

Le Bocage Citadin : implantation des nouvelles entreprises

La mixité des fonctions urbaines sera mise à l’honneur dans le cadre de l’urbanisation du futur quartier du Bocage Citadin, puisque coexistera au sein de ce secteur logements et activités.
Des parcelles ont d’ores et déjà été identifiées comme recevant en priorité des activités, des bureaux ou des commerces.
Par exemple :

  • certaines parcelles de l’entrée du secteur « Quatre Vents » accueilleront des activités du secteur tertiaire et des entreprises artisanales ;
  • Les rez-de chaussées des bâtiments se situant le long des voies structurantes pourront accueillir des activités.

Surface totale d’activités prévisionnelle : 24 660 m².

Les Loges : Les Arches Métropole

Dans le cadre du projet municipal de rénovation de notre espace commercial, un premier projet de construction d’un bâtiment comprenant des cellules commerciales (notamment Intersport et La Grande Récré) et des bureaux est prévu.
Il s’inscrit dans la volonté de la ville de développer des emplois tertiaires de proximité à Chantepie.

  • Surface de bureaux : 2 043 m²
  • Surface de commerce : 3 148 m²
  • Livraison prévue : fin 2014

Le centre-ville

Le projet « Cœur de ville » veut maintenir les emplois au cœur de la ville. De nouvelles surfaces commerciales viendront renforcer l’activité du commerce avec des emplois conséquents.

 

Favoriser l'embauche et l'intégration des femmes

Les femmes sont peu représentées dans certains secteurs d’activités : il faudrait favoriser leur embauche et leur intégration dans ces secteurs, notamment dans les métiers du bâtiment.
Les freins majeurs sont :

  • les conditions d’hygiène et de sécurité,
  • le manque d’information sur l’accès de ces emplois aux femmes.

Pour y pallier, syndicats ouvriers, branches professionnelles, services de l’État et la mairie de Chantepie se sont concertés pour mettre en place l’opération Rosa Parks. Cette opération fait suite à la première expérimentation d’une base de vie menée sur la zone pavillonnaire de la Touche Annette.
L’opération Rosa Parks touche la zone pavillonnaire des Neufs Journaux et concerne :

  • la mise en place d’un bloc de chantier comprenant une douche et des sanitaires ;
  • la mise en place de visites de chantier par une animatrice autour du thème de l’accès des femmes aux métiers du bâtiment.

Visites des chantiers tournées vers les personnes en recherche d’emploi, notamment les femmes et témoignages de femmes travaillant dans le bâtiment les ont accompagnées.

 

Des créateurs d'emploi à Chantepie

Étienne Raoelison, Gérant du Garage de l’Ile (garage automobiles).

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Josy Lavillonniere : Dans quelles conditions avez-vous repris cette activité ?
Étienne Raoelison : Après une belle expérience dans l’aviation légère de l’Armée de Terre ans, je me suis tourné vers le civil pour un poste de direction au sein d’un grand groupe de transports logistiques frigorifiques. Puis j’ai souhaité changer d’activité en rachetant en mars 2012 ce garage automobile et y exercer mon expérience de mécanicien. Nous faisons des réparations automobiles multimarques, de la réalisation de vidanges aux gros entretiens.
Qu’en est-il des emplois dans l’entreprise ?
Au rachat du garage, il n’y a pas eu de reprise de salariés puisqu’il n’y avait plus d’employés hormis le propriétaire et son épouse. À ce jour l’entreprise compte deux emplois, un mécanicien (Fabrice), une secrétaire (Béatrice) et moi le gérant du garage.
Je suis très ouvert à l’accueil des stagiaires. Ainsi nous avons accueilli deux jeunes de l’IME de Chantepie. Un des jeunes a démarré au mois d’octobre une formation de CAP Mécanique automobiles en alternance sur deux ans et il fera le volet pratique au garage. Pour moi c’est une main tendue à quelqu’un de volontaire et motivé, c’est une opportunité et il le mérite.
Nous allons aussi bientôt accueillir une jeune fille qui prépare un BAC professionnel en Secrétariat/Comptabilité pour effectuer un stage de 5 semaines.

Comment se porte l’entreprise ?
L’activité fonctionne bien et l’entreprise est en bonne santé. On est au-delà du chiffre d’affaires réalisées par mon prédécesseur. L’entreprise est pérenne, je suis entouré de partenaires financiers très réactifs et efficaces en termes d’expertise comptable.
Avez-vous pu développer des relations dans la commune ?
On se plait beaucoup ici, cela se passe bien. J’ai de très bons rapports avec les confrères, avec lesquels on s’entraide mutuellement. Je tache aussi de participer pour le mieux au soutien financier des événements associatifs.
Pensez-vous déjà au développement de votre activité ?
La finalité de tout chef d’entreprise c’est de développer son entreprise et pérenniser les emplois créés. La principale interrogation en ce qui me concerne c’est le devenir de l’entreprise au niveau des murs, du maintien de l’entreprise dans ces locaux ou dans un autre secteur par rapport au développement de l’activité du garage.

 

Isabelle et Christophe Mézange, boucher-traiteur

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Josy Lavillonnière : Comment l’entreprise s’est-elle développée depuis que vous avez repris son activité ?
Isabelle Mézange : L'activité a été reprise en mai 2008. L'équipe du départ n'est plus la même, ce qui est normal. Nos employés étaient jeunes, ils voulaient faire d'autres expériences professionnelles.
Nous avons démarré avec 3 personnes et aujourd'hui nous sommes 8 personnes. Nous pouvons ainsi répondre à une demande plus importante, en traiteur (buffets, cocktail...), plats cuisinés du midi et aussi en boucherie. Cela nous permet aussi de prendre plus de temps avec nos clients, d’être plus disponible.

Quelle est la santé de l’entreprise ?
L'entreprise est en progression chaque année, donc l'état de santé de l'entreprise est correct.
Quelles relations entretenez-vous avec les différents acteurs de la ville ?
Les relations, que se soient avec la clientèle, les collègues ou les associations, sont très conviviales et avec le temps une complicité s’est installée. C est très agréable, un vrai bonheur !

 

Les emplois adaptés

Échanges avec Pierre Vincent et Patrick Viaud, animateurs (éducateur technique spécialisé) à l’ESAT de Bourgchevreuil à Cesson-Sévigné.

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Josy Lavillonniere : Dans quel cadre intervenez-vous à Chantepie ?
P. Vincent et Patric Viaud : L’ESAT de Bourgchevreuil a conclu avec la ville de Chantepie un marché annuel pour l’entretien d’espaces verts, notamment les deux cimetières (allée de Quercy et avenue d’Orient). Ces travaux d’entretien vont s’étaler sur 4 interventions de 8 jours.
Vous encadrez un public particulier, avec des handicaps. Quel est votre rôle en tant animateur ?
Par rapport à la pathologie, le groupe est très hétérogène, présentant des handicaps physiques et mentaux.
Nous veillons à l’apprentissage et à son perfectionnement ; nous sommes, dans l’accompagnement pour gérer les personnes.
Notre mission est double : l’accompagnement de personnes en situation de handicap, l’organisation du travail et le suivi de la production. Nous devons trouver l’équilibre entre les deux, surtout qu’il faut donner la même qualité de travail qu’avec des personnes non handicapés. Plus qu’un objectif, le travail est un support. Le personnel est très attachant, il a besoin de protection.

Quels types d’entretien doivent-ils effectuer ?
Deux équipes d’une dizaine de travailleurs effectuent les taches suivantes :

  • la mise en place du gravier dans les allées,
  • le désherbage manuel (problématique des produits phytosanitaires).
  • la taille des haies.

Ce type de travaux convient-il à ces personnes ?
Cela met plus de temps avec eux, mais on arrive en nombre et donc les travaux manuels sont touts à faits adaptés. On leur donne une identité professionnelle, et ils trouvent un certain bien-être au travail, même s’ils ont montré quelques réticences à travailler dans un cimetière, du fait du rapport à la mort. Une dernière intervention est prévue à la période de la Toussaint. 

Les animateurs soulignent le très bon accueil de Georges Esnault, Responsable du service Espaces verts de la Ville, chaleureux et attentif envers les équipes de travail.

 

Jean-Marie Perrin, encadrant à A.E. Avenir, entreprise adaptée de Bain de Bretagne.

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Josy Lavillonnière : Depuis quand intervenez-vous à Chantepie ?
La ville de Chantepie a conclu avec l’Entreprise A.E. Avenir un contrat annuel renouvelable sur 3 ans pour l’entretien général des espaces verts du secteur du Petit Cucé. C’est notre deuxième année de prestation. Une douzaine d’interventions sont prévues dans l’année, dont la taille, le désherbage, la tonte, le paillage, etc. Nous nous déplaçons en fonction des saisons.
L’entreprise adaptée doit servir de tremplin pour que les personnes prises en charge puissent aller après dans un milieu ordinaire, quand elles se sentent prêtes. On y trouve des travailleurs avec de légers handicaps et qui sont assez autonomes, car ils peuvent rester seuls sur certains chantiers.

Apprécient-ils ce type de tâches ?
L’équipe est composés de 8 personnes qui se sentent très valorisés du fait de travailler en espace verts. Ils sont remotivés quand ils constatent le résultat de leur travail. Ils le sont encore plus quand ils sont complimentés par les habitants qui sont très satisfaits de ce qu’ils accomplissent.
Ressentez-vous quelque chose de particulier de travailler avec eux ?
J’ai travaillé 10 ans chez un paysagiste et cela fait 20 ans que j’encadre ce personnel. Passé de l’un à l’autre, ca a été la découverte. Ils sont tous différents mais ils sont très attachants, très sensibles. J’aime le contact, le social ; le contact humain, l’écoute, c’est primordial.