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Le Bocage Citadin

Publié le 01/12/2010

Alors que les quartiers du Chêne Roux, de la Touche Annette et des Neufs Journaux étaient majoritairement livrés et habités en 2008, la municipalité a souhaité prendre du recul avant de poursuivre un développement communal certes utile, mais aussi générateur d’attentes bien légitimes de la part des habitants. C’est pourquoi la priorité a d’abord été donnée à favoriser l’arrivée de services pour les habitants des Rives du Blosne : le bus depuis 2009, des espaces de jeux et de convivialité ainsi que des jardins familiaux en 2011, des commerces de proximité en 2012.

Au cours de l’année 2009, les retours que nous avions sur les premiers quartiers neufs et l’arrivée d’un nouvel urbaniste, Yves Bories, nous ont conduits à organiser une large concertation en trois phases.

Avant de lancer un projet, il était nécessaire de le replacer dans son contexte, celui d’une agglomération en développement, et celui des exigences en matière de développement durable. La rencontre publique organisée en octobre sur le thème du SCoT y a contribué, en présence de Jean-Yves Chapuis, Vice-président de Rennes Métropole en charge des « formes urbaines ».

La commune, par ses caractéristiques propres, présente elle aussi ses limites et contraintes : les distances acceptables par rapport au centre, les terres agricoles, les zones d’activité, les cheminements et routes.

Il en découle des potentialités de développement qui vous ont été présentées par Yves Bories début novembre 2009.

Enfin, la concertation implique que chaque habitant puisse faire part de ses réflexions. C’est pourquoi nous vous avons consulté et, lors d’une troisième réunion publique, présenté les réponses que vous aviez apportées à notre questionnaire. Cette consultation a servi de base de travail à notre urbaniste, aux élus référents, aux services municipaux et à l’équipe d’aménagement.

Mais pour qu’un projet de développement soit adapté, il faut qu’il tienne compte de la réalité des besoins à satisfaire si le nombre d’habitant change. C’est pourquoi, depuis juin 2010, nos services municipaux travaillent sur une étude prospective qui nous permettra de faire des propositions réalistes sur la capacité d’accueil de nos quartiers, sur le phasage de leur réalisation, et sur les équipements à prévoir.

Dans l’attente de ces éléments, et avant de reprendre la concertation, nous avons souhaité vous faire partager les pistes de réflexion pour les futurs quartiers de Chantepie. Ce site composé de bocages remarquables, bordé par le ruisseau du Blosne, dont la vocation est de retrouver la qualité d’aménagement qui contribue à l’identité de Chantepie, se devait de porter un nom qui symbolise tout autant l’inscription de la ville dans la nature sans blessure, que la place que nous souhaitons donner à l’habitant au cœur de la ville : Le Bocage Citadin.

Je vous invite à le découvrir.

Grégoire Le Blond
Marie de Chantepie


Si le détail et la dimension du Bocage Citadin restent à arrêter, ce futur quartier procédera de principes et d’objectifs désormais solidement établis par la municipalité.

La protection de l’environnement tient parmi eux une place essentielle. Dans la tradition cantepienne d’une « ville inscrite dans la nature sans blessure », la préservation des espaces naturels sera prioritaire, en particulier les trames bocagères : au-delà de leur préservation, il s’agit désormais d’en assurer également le renouvellement.

La qualité des constructions sera renforcée par la généralisation du « bâtiment basse consommation » (BBC). Cette norme d’éco-construction fixe un maximum de consommation énergétique à 55 kW/heure par m², soit environ moitié moins que les logements construits jusqu’à ce jour.

Enfin, certaines voies seront réservées aux bus, pour renforcer la performance des transports collectifs.

La promotion de la mixité est un autre grand principe transversal. Une mixité des fonctions urbaines tout d’abord : la coexistence de logements, d’activités favorisera l’éclosion d’une réelle vie de quartier.

Une nouvelle mixité des formes urbaines entre logements collectifs, intermédiaires et individuels sera ensuite recherchée dans l’objectif notamment de maitriser la densité.

La mixité sociale enfin : la collectivité respectera les engagements qu’elle a pris dans le cadre du Programme Local d’Habitat (PLH).

Alban Kerboeuf
Conseiller municipal délégué à l’Urbanisme

 

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Concevoir un quartier en accord avec les modes de vie de demain

Un nouveau quartier pour tous les Cantepiens

Pour réussir l’intégration urbaine du Bocage Citadin, il faut penser à l’échelle de la ville : Les habitants de Chantepie auront-ils des raisons pour se rendre dans ce nouveau quartier ? Les futurs habitants fréquenteront-ils les commerces du centre-ville ? Quel mode de déplacement sera privilégié pour se rendre sur les secteurs limitrophes de la Touche Annette et des Neuf Journaux ? Cela justifie la volonté communale de se doter d’un centre-ville plus étoffé et pose la question de l’implantation d’un équipement attractif au cœur du nouveau quartier. En matière d’insertion urbaine, il est certain que les coulées vertes devront jouer un rôle aussi important que les accès automobiles prévus dans le cadre du projet.

Introduire la biodiversité au cœur de l’urbanisation

Le site du projet est marqué par la présence d’imposantes haies bocagères qui, en se refermant sur elles-mêmes, forment de très belles « pièces à habiter » La proximité du Blosne et des mares sont aussi des éléments qui marquent l’identité du lieu. Ces haies construisent le paysage, mais ce sont aussi de superbes couloirs écologiques qu’il est possible d’utiliser pour amener la nature au plus près des bâtiments. En s’appuyant sur le relief et le cheminement des eaux en surface, il est possible de concilier biodiversité et urbanisation raisonnable du territoire.

Un habitat diversifié économe et écologique

Malheureusement l’urbanisme se réduit souvent à mettre en forme sur un territoire « aménagé » des modes de financement du logement, en réservant à chaque financement un type de construction. Les élus de Chantepie sont en attente d’un urbanisme moins caricatural qui ne se réduise pas pour les habitants au choix entre logements collectifs et maisons individuelles. La confrontation de ces types d’habitat est souvent violente et ne favorise pas la mixité sociale. La montée en puissance des enjeux environnementaux, l’évolution des mentalités, ouvrent des opportunités pour imaginer des solutions architecturales intermédiaires plus innovantes. Nous devons changer nos manières d’habiter pour les rendre durables.

Le domaine public est repensé pour favoriser son appropriation et sa convivialité. La rue n’est plus le lieu de la séparation des usages entre voitures et piétons : solution qui favorise la vitesse des déplacements motorisés. Elle doit devenir un espace partagé où tous les modes de transport (piétons, cycles, automobiles, transports en commun) ont leur place, sans que l’un ne s’impose aux autres.

Les rez-de-chaussée, sur les axes principaux, seraient réservés pour des activités ou des services de proximité qui pourraient éventuellement déborder sur l’emprise publique (jardins et terrasses). L’intervention la plus symbolique du projet pourrait être la transformation d’une partie de la rue du Pont Bœuf en voie piétonne structurante afin de supprimer la circulation de transit sur l’avenue André Bonnin. On peut considérer que les points d’arrêt des transports en commun, les promenades douces, les continuités écologiques, pourront former l’ossature des déplacements même si la voiture reste présente.

Un quartier à part entière

À l’heure du développement durable on ne peut plus continuer de séparer systématiquement le travail et l’habitat, les commerces et les zones de loisirs. Le mélange des fonctions urbaines est l’équivalent pour l’homme de la biodiversité pour la nature. Remettre au coeur du projet urbain la multiplicité des activités humaines, c’est produire des lieux ouverts et enrichissants tout en optimisant les services et les consommations énergétiques. Cela doit évidemment s’effectuer avec discernement ; tout n’est pas compatible mais cela est nécessaire pour faire des quartiers vivants et en phase avec les enjeux environnementaux.

Le Bocage Citadin un quartier en mouvement

Le Bocage Citadin va se mettre en œuvre sur une décennie et dans un contexte très évolutif. Les questions environnementales trouvent constamment de nouvelles réponses : ce qui était encore utopique hier devient réalisable aujourd’hui. Ce nouveau quartier doit être capable de saisir ces opportunités pour rester attractif pour une population de plus en plus sensibilisée aux questions environnementales. Ces évolutions ne sont possibles que s’il existe des intangibles qui assurent la cohérence du projet sur le long terme : si les programmes évoluent, il revient à la structure du réseau viaire et aux couloirs de biodiversités qui quadrillent le territoire d’assurer la pérennité du projet.

Si l’ensemble de ces conditions sont réunies, nous sommes convaincus que le Bocage Citadin accueillera progressivement de nouveaux modes de vie correspondant aux attentes des futurs résidents et en accord avec les objectifs urbains de la commune.

Yves Bories
Architecte-Urbaniste